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The Batman: review avec spoilers d’une maestria super-héroïque noire.

The Batman

             The Batman a très certainement été l’évènement cinéma de ce mois de mars 2022. Il était au départ question d’un projet centré sur le Batman de Ben Affleck, réalisé par ce dernier et prenant place dans le DC Extented Universe de Zack Snyder, mais divers changements ont eu lieu suite au départ de l’acteur et réalisateur pour divers problèmes personnels. De plus, la situation du DCEU était à cette époque très confuse (et l’est encore), Warner Bros n’ayant plus confiance en Zack Snyder puisque ses plans divisaient là où la concurrence, le Marvel Cinematic Universe, explosait tout au box-office. Depuis la trilogie de Christopher Nolan que Batman n’a pas eu de films solo et un reboot devait avoir lieu, c’est alors que Matt Reeves (Cloverfield ou encore les deux derniers opus de La Planète des singes) arrive. Ce dernier demande à se détacher du DCEU pour un contrôle créatif total que Warner lui donne avec, pour seule condition, que le film soit interdit seulement aux moins de 13 ans (ce que Reeves avait déjà deviné). Après une promotion pleine d’affiches fulgurantes qui a permis la visite virtuelle de la Batcave ainsi que l’accessibilité au site du Riddler, qu’en résulte-t-il et que vaut The Batman ? [Spoilers Alert]

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“Tum Tum Tum Tuuuum…”

             À une époque où les productions super-héroïques fonctionnent mais s’épuisent de plus en plus dans la facilité et le divertissement répétitif sans saveurs, The Batman est l’un de ces films à devoir rappeler à l’ordre un genre qui en oublie trop souvent de faire du cinéma (dans la même lignée créative, artistique et hors DCEU qu’a lancé Joker, réalisé par Todd Phillips). Matt Reeves, alors à la réalisation ainsi qu’à l’écriture avec Mattson Tomlin (scénariste du comics Batman Imposter) parvient à livrer un film sur la chauve-souris de Gotham qui se distingue de ses très nombreux prédécesseurs. Malgré les polémiques habituelles, Robert Pattinson succède donc bien à Christian Bale et Ben Affleck, ce premier n’ayant rien à leur envier. Un choix plus que judicieux pour un jeu brillamment sombre, puisqu’il interprète dans ce nouvel univers un Batman meurtri et obsessionnel qui, en pleine seconde année de vigilantisme, ne sait plus être Bruce Wayne. Animé par une vengeance directe et brutale, plus rien ni personne (et ni même la mort) ne peut effrayer ce Batman. Fuyant une humanité perdue depuis bien longtemps et dont il fera la retrouvaille, ce nouveau chevalier noir fera aussi face à une remise en question de ce qu’il représente, pour finalement devenir symbole d’espoir et de justice. Son évolution est très satisfaisante et n’est pas sans rappeler, sur certains points, celle du Batman d’Affleck. Il est assez génial de voir la caractérisation d’une star désabusée (tel Kurt Cobain, dont Reeves avoue s’être inspiré) évoluant de justicier à véritable héros, alors phare d’une cité en perdition. Cette cité qu’est Gotham se partage entre gothisme et réalisme pour un résultat poisseux, sombre et toujours sous l’acharnement de la pluie. Très certainement l’une des meilleures Gotham (avec celle de Burton) en prise de vue réelle, mais aussi très certainement l’un des comic book movies les plus réussis visuellement. Greig Fraser livre un travail magistral à la photographie, faisant baigner Batman dans le rouge sang là où Gotham est souvent éclairée par les teintes orange de l’aube et du crépuscule. Michael Giacchino accomplit un travail tout aussi remarquable (et culte) à la bande originale, signant probablement l’un des plus grands thèmes du chevalier noir (pareil pour Catwoman ou encore le Riddler), sonnant à la fois comme la marche impériale de Star Wars et la marche funèbre de Chopin,  accompagné d’une frissonnante utilisation de Something in the way de Nirvana et d’Ave Maria de Schubert. C’est dense, intense et génialement interprété, avec un Paul Dano humainement terrifiant en Sphinx (presqu’au niveau d’un Ledger en Joker), une Zoë Kravitz aussi séduisante qu’attachante (qui suit aussi une évolution et que j’aime tout autant que celle de Pfeiffer), un Jeffrey Wright parfait en Jim Gordon (forcément, il a une moustache) et un Colin Farrell aussi méconnaissable qu’extrêmement fidèle en Pingouin. Certaines scènes sont vibrantes, iconiques voire sensationnelles, le tout se déroulant dans un univers corrompu où la pègre, la pauvreté et les mensonges y animent la vie autant que le scénario.

Jesabel on Twitter: "Thursday. October 31st. The city streets are crowded for the holiday, even with the rain. Hidden in the chaos is the element, waiting to strike like snakes. But I'm

“Hiden in the chaos is the element…”

             Matt Reeves s’est très clairement inspiré de nombreux comics, on peut notamment citer Batman Année Un de Frank Miller, Un Long Halloween de Jeph Loeb, Batman Ego par Darwyn Cooke ou encore Batman Terre-Un de Geoff Johns, et de tout cela il en tire un travail à la fois psychologique et réaliste sur le personnage. Un réalisme et une vision des choses très certainement inspirés du cinéma de David Fincher : à la fois de Seven (1995) pour sa ville poisseuse  et (très) pluvieuse dans laquelle deux partenaires enquêtent sur un tueur en série, et Zodiac (2007) dont Reeves a ingénieusement calqué son Riddler sur le tueur éponyme pour un résultat effroyablement réaliste. Le Riddler est un très bon antagoniste de par sa position qui en fait limite le scénariste du film pendant un temps. Son opposition à Bruce Wayne (dont il est le sombre reflet) est très intéressante, surtout en relief à sa fascination et son inspiration pour Batman. Son plan est par ailleurs tout à fait logique, à condition de le comprendre. Il a très clairement l’avantage sur Batman (qui n’est pas encore le plus grand détective du monde tellement il fait d’erreurs) et le mène en bateau, il est le moteur du scénario (rien que son entrée en scène, pareil pour Batman, envie de crier « mazette » !). La remise en question des Wayne est très bien gérée, et j’aime certains choix comme celui d’avoir fait de Martha une Arkham (et non une Kane) ou encore celui d’avoir laisser le mystère sur la cause du meurtre des Wayne. La Batmobile et l’utilisation des gadgets sont vraiment des points réussis et caractéristiques des débuts de ce jeune Batman qui apprend encore de ses erreurs (comme le montre par exemple ses trois différentes entrées dans le Iceberg Lounge). L’évolution relationnelle des personnages (Alfred avec Bruce, Batman avec Selina et cette dernière avec Falcone notamment) est plus que satisfaisante et j’adore certaines idées (Riddler utilisant les réseaux sociaux, sa manière d’incarner et d’éveiller la vengeance, l’humour bref mais excellent, etc.). Les combats sont réalistes (d’où son armure et sa manière de se battre assez rigide) mais bénéficient de très bonnes mises en scène et chorégraphies (c’est bien mieux que du Nolan même si on reste très loin de Snyder). Reeves s’appuie autant sur la contemplation de Gotham que sur celle des yeux de ses personnages, apportant une dimension parfois poétique et intime. On ne reste pas insensible à la forme autant qu’au fond, rien que le plan zénithal (déjà culte) où Batman devient guide est l’exemple parfait.

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“I have had an effect here…”

             On pourrait cependant chipoter en pointant du doigt certaines incompréhensions (la Batmobile, elle cale ou pas ? Ou pourquoi le Riddler choisit de faire ci ou ça ?) mais avec un peu d’interprétation on y trouve des réponses. On pourrait aussi reprocher au film son simple PEGI 13. En effet celui-ci aurait été bien plus impactant avec quelques effusions de sang et quelques cassages d’os en plan serré, surtout pour montrer au mieux la brutalité vengeresse du Bat de Gotham (mais bon d’un côté le film est bien plus accessible et ça ne change rien au fond, donc passons). Aussi le film dure trois heures, donc possible que quelqu’un (pas forcément fan) puisse trouver ça long en milieu de film, mais n’abusons pas; on est les premiers à réclamer les director’s cut et, pour une fois, on en a “une”. La seule raison pour laquelle j’ai regardé ma montre était par peur que le film se termine trop vite, et un proche à moi a cru que le film n’avait duré qu’une heure et demie tellement chaque seconde était dégustée du plus grand des plaisirs. Aller, si je devais encore trouver des défauts (je sais, c’est difficile), il y a peut-être un abus du flou dans le dernier acte, et peut-être que le scénario (et les énigmes) peut paraître un peu faiblard, même si ce n’est pas mon ressenti (surtout en comparaison à un Seven ou autre).

Un très grand avenir et univers en vue ?

             Bref, vous l’avez compris, j’ai adoré The Batman et je suis certain qu’il est l’ouverture d’une future très grande franchise, le film venant de dépasser 715M de dollars au box-office. Hâte de voir le futur de ses personnages, d’en voir plus de ce Batman et surtout de la renaissance de Bruce Wayne, son évolution et son apprentissage. Une suite à cette possible trilogie devrait bientôt être annoncée, surtout qu’une série limitée sur le Pingouin et une autre sur l’Arkham Asylum sont prévues pour HBO Max. Aussi, Paul Dano va scénariser lui-même une série de comics sur l’année un de son Riddler, accompagné du dessinateur Stevan Subic. Les bases d’un Batverse (et peut-être plus) sont installées et je veux en voir la suite avec Reeves aux commandes. Le film est encore disponible dans les cinémas, un artbook sera aussi en vente et le format disque arrivera début juillet. Accompagné de cela, diverses scènes supprimées seront prochainement dévoilées,  dont une entre Batman et le nouveau Joker de Barry Keoghan déjà partagée via “rataalada.com” (site du Riddler qui, à la résolution de diverses énigmes, dévoile secrets et visuels exclusifs comme par exemple l’ensemble du contenu de la cache de l’Homme-mystère). Pour rappel, Batman n’est pas prêt de quitter nos cinémas puisque nous retrouverons ceux de Ben Affleck et de Michael Keaton dans le film The Flash, prévu pour juin 2023. De son côté, Reeves est producteur exécutif de la future série animée Batman : Caped Crusader dont on n’a toujours pas de date de sortie officielle.

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